« Tout ça pour ça ? »

Selon le président du regroupement, Gilles Bloch, les écoles d’ingénieurs, notamment CentraleSupélec, ont fait part de leurs réserves et de leurs craintes de perdre leur identité et leur personnalité juridique ; HEC, de par son statut si particulier, ne souhaite pas non plus aller plus loin, quand l’ENS se verrait difficilement avancer comme la seule école aux côtés du mastodonte universitaire Paris-Sud. « Face au risque d’enlisement, ce texte ouvre la voie de la transformation, soutient Gilles Bloch. Les écoles n’y sont pas prêtes, sans proposition alternative. Mais la porte reste évidemment ouverte. »

« Tout ça pour ça ? »
Pourtant, les premières réactions dans la communauté universitaire sont loin d’afficher cet optimisme. « Tout ça pour ça ?, lâche Yves Lévi, professeur élu au conseil d’administration de l’université Paris-Saclay. Les personnels se sont engagés, ont adhéré, ont monté des diplômes ensemble. On nous vend depuis des années une ambition grandiose et on en arrive à ce résultat… C’est désastreux. » « Il n’y a plus d’argent dans les laboratoires, plus de postes, s’énerve l’universitaire. L’urgence est d’améliorer les conditions de travail et d’études pour fournir le meilleur enseignement supérieur et la meilleure recherche. Les questions d’ego des uns et des autres, ce n’est pas notre problème ! D’autant plus au moment où l’économie va mal et le chômage des jeunes est si haut. »

Pour le sénateur socialiste Michel Berson, qui suit le dossier depuis de nombreuses années, « c’est un immense gâchis. Cinq milliards d’euros pour en arriver là, alors qu’on a tout pour réussir avec les meilleurs établissements français, c’est affligeant ». Le rapport de la Cour des comptes, rendu public en février, évaluait à 5,3 milliards d’euros l’engagement financier de l’Etat sur le plateau de Saclay, dont 700 millions sur le volet scientifique – le reste se répartissant entre l’immobilier, l’aménagement du plateau et les transports en commun. « Mais nous sommes à une semaine du second tour de l’élection présidentielle, souligne l’élu, par ailleurs soutien d’Emmanuel Macron. Il s’agit d’une solution d’attente, d’un habillage de l’échec pour finir le mandat. Ce sera au nouveau gouvernement de reprendre la copie de A à Z. Il faudra une grande ambition portée au niveau du premier ministre, car sinon, on vient d’en faire la démonstration, c’est impossible d’avancer. »

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Paris-Saclay : cibles ratées ! (28 avril 2017 blog de Pierre Dubois)

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