Frais d’inscription à l’université : gel ou flambée ?

Frais d’inscription à l’université : gel ou flambée ? (extrait)

Le 6 juillet dernier, la ministre de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a annoncé un gel des frais d’inscription à la rentrée 2016, qui se maintiendraient à 184 € par an en licence et 256 € en master. Pourtant, en France, on observe une flambée de ces frais dans de nombreux établissements d’enseignement supérieur. Soucieuse de raviver le mythe d’une Université ouverte à tou·te·s, la ministre ne parle que du tarif national, passant ainsi sous silence la croissance des exceptions à ce tarif, que l’organisation de l’enseignement supérieur rend possible, quand elle ne l’encourage pas.

A l’Université Paris-Dauphine, pionnière en la matière, les frais d’inscription en Master peuvent s’élever jusqu’à 6 050 € et c’est désormais au tour des frais d’inscription en licence de sortir de la tarification nationale. Elles coûteront à la rentrée 2016-2017 jusqu’à 2 200 € l’année. Dans les universités, les « masters internationaux » ont le droit de déroger à la tarification nationale. Dans la toute nouvelle Université Paris-Saclay, regroupant les établissements du Sud parisien dans le but de gagner le haut du classement de Shanghai, les formations de niveau master peuvent ainsi être facturées entre 6 000 et 8 000 euros.

À la Toulouse School of Economics du prix dit « Nobel » d’économie Jean Tirole, les frais s’élèveront à 6 000 € en master à la rentrée 2017. Polytechnique, de son côté, ouvre à la rentrée prochaine 3 nouveaux masters, facturés chacun 12 000 € ! Dans les écoles d’ingénieurs, les frais explosent : ils passent de 811 € à 1 850 € dans les écoles du ministère des finances (ENSAE et ENSAI), de 1 850 € à 2 150 € à Télécom pour les ressortissants de l’Union européenne, 4 150 € pour les étrangers. Cela sans parler des écoles de commerce ou de Sciences Po Paris, où les frais d’inscription sont passés – de 2004 à 2014 – de 4 000 € à près de 14 000 € pour une année de master.

Collectif ACIDES (Approches Critiques et Interdisciplinaires des Dynamiques de l’Enseignement Supérieur), Séverine Chauvel, Pierre Clément, David Flacher, Hugo Harari-Kermadec, Sabina Issehnane, Léonard Moulin, Ugo Palheta, Arrêtons les frais ! Pour un enseignement supérieur gratuit et émancipateur, Éditions Raisons d’agir, 2015, 8€.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s