Le Capitalisme paradoxant, Un système qui rend fou

Le Capitalisme paradoxant, Un système qui rend fou

Vincent de Gaulejac, Fabienne Hanique, 2015, 288 pages

« C’est paradoxal ! » : l’expression semble s’être banalisée. Elle exprime la surprise, l’étonnement, la colère parfois, devant des situations jugées incohérentes, contradictoires, incompréhensibles. Quelques formules glanées ici et là illustrent cette inflation du paradoxal : « Je suis libre de travailler 24 heures sur 24 », « Il faut faire plus avec moins », « Ici, il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions », « Je traite de plus en plus de travail en dehors de mon travail et inversement », « Plus on gagne du temps, moins on en a » …

L’ouvrage analyse la genèse et la construction de cet « ordre paradoxal ». Il explore les liens entre la financiarisation de l’économie, l’essor des nouvelles technologies et la domination d’une pensée positiviste et utilitariste. Il montre pourquoi les méthodes de management contemporain et les outils de gestion associés confrontent les travailleurs à des injonctions paradoxales permanentes, jusqu’à perdre le sens de ce qu’ils font.

Enfin, cet ouvrage met au jour les diverses formes de résistance, mécanismes de dégagement ou réactions défensives mises en œuvre par les individus. Pour certains, le paradoxe rend fou. Pour d’autres, il est un aiguillon, une invitation au dépassement, à l’invention de réponses nouvelles, individuelles et collectives.

Vincent de Gaulejac, professeur émérite à l’université Paris 7-Denis Diderot, président du Réseau international de sociologie clinique (RISC), auteur d’une quinzaine d’ouvrages dont La Névrose de classe, La Société malade de la gestion et Travail, les raisons de la colère.

Fabienne Hanique, sociologue, professeur à l’université Paris 7-Denis Diderot, chercheur au LCSP, vice-présidente du RISC, auteur de Le Sens du travail, et (en coll.) La Sociologie clinique. Enjeux théoriques et méthodologiques.


« Le nouvel opus de Vincent de Gaulejac et de Fabienne Hanique est consacré à ce capitalisme paradoxant ou le management par l’excellence, sachant que ladite excellence est une supercherie dans la mesure où les dés sont pipés – les managers censés évaluer ont des quotas à observer et s’obligent à classer leurs collaborateurs sur l’ensemble de l’échelle. Humours jaune et noir sont déjà les prémices d’une libération, non pour s’échapper, mais pour déconstruire, et reconstruire ailleurs » humanité.fr


« Ancrant leur réflexion dans un questionnement pluridisciplinaire (économie, philosophie, psychologie), ils en explorent les processus en interrogeant l’essor des nouvelles technologies, le financement de l’économie mondiale ou encore la force de la pensée positive et utilitariste. Et montrent que le paradoxe peut être un moteur vers le dépassement et le changement. Ou rendre fou. Mais, dans tous les cas, il apparaît comme « la nouvelle figure de la raison humaine ». psychologies.com


« Pour ne pas se laisser piéger, il faut pouvoir mettre à distance la violence institutionnelle par l’humour ou la dénonciation. Rire entre collègues de sa « médaille en chocolat », de « chiffres hystériques » ou d’« évaluation au doigt mouillé ». Désinvestir psychiquement le travail ou réinvestir des métiers qui font sens. Vénérer la lenteur plutôt que la vitesse, préférer la tranquillité au mouvement, renoncer à vouloir se dépasser… » telerama.fr

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