Notre Réponse au président de l’université 12/02/2015

Suite à la lettre envoyée par le président de l’université à tous les personnels. Les personnels réunis en assemblée générale ce jour (près de 300 personnes) tiennent à répondre point par point :

Le président :

« S’il est incontestable que notre université traverse des difficultés financières et tout particulièrement concernant sa masse salariale, ces difficultés sont sans commune mesure avec les nouvelles que je vois passer par les moyens de communication offerts maintenant à tous. »

Notre réponse :

Le président est depuis trop longtemps coupé des réalités du terrain. La pression augmente sur les personnels techniques et administratifs de l’université. Entre les collègues non remplacés, le recours massif aux emplois précaires et une augmentation de la charge de travail, la situation se dégrade de jour en jour, la souffrance au travail augmente et les salaires stagnent… Les enseignants, quant à eux, sont désormais en surcharge importante d’heures supplémentaires faute de postes, sans parler du recours de plus en plus massif à des emplois précaires. La qualité et la diversité de l’enseignement diminuent et les conditions de travail se dégradent. Ainsi les responsabilités (encadrement de stage, responsabilités pédagogiques, …) sont tellement peu payées, les chercheurs et enseignants-chercheurs tellement surchargés et les laboratoires tellement étranglés financièrement, que les étudiants ne trouvent plus de stages pourtant obligatoires pour valider leur formation. Certains de amphis ne sont plus chauffés, les bâtiments sont dans un état déplorable indigne d’une université comme la notre…

 Il ne faut plus se laisser abuser, la réalité est que nous sommes tous sur le même bateau, que le bateau coule, et que le capitaine du bateau fait semblant de  ne pas s’en rendre compte.

Le président :

1) Les Chiffres

Le budget annuel de notre université, en 2014 comme en 2015, est d’environ 390 M€. La subvention d’Etat représente 276 M€ dont 244 M€ de masse salariale. En octobre dernier, il est apparu que pour assurer les mêmes fonctions que les années précédentes, il manquerait 2,8M€ de masse salariale.

Notre réponse :

Nous sommes donc d’accord sur les chiffres. Outre le fait que le fait que ce déficit n’ait pas été anticipé, ce qui frise l’incompétence, il s’agit donc de 1% du budget de l’Université. Ce juste 1% doit être renégocié. C’est un choix politique ! Le président a délibérément choisi de cacher la misère de notre université plutôt que d’interpeller le ministère de tutelle. Cette décision est irresponsable !

Le président :

3) Les Conséquences

Le choix principal de la présidence a été de sauvegarder la totalité de la campagne de recrutements, en premier lieu parce qu’elle représente un espoir de carrière académique pour les jeunes chercheurs mais également parce que le travail difficile de répartition des postes était complètement achevé en novembre 2014 et nous n’avons pas souhaité le remettre en question. Il faut donc noter que dans ce contexte difficile, nous recruterons en 2015 : 58 enseignants-chercheurs, 16 enseignants et 61 personnels BIASS. Ce n’est donc pas l’année d’austérité qui est trop vite annoncée partout.

Notre réponse :

C’est oublié la suppression des postes d’ATER et de moniteurs ! La moindre des corrections aurait été de mettre en face le nombre de départs ! Sans cela ces chiffres n’ont aucun sens et cache la perte nette que nous allons subir. Par ailleurs, derrière ces chiffres factuels se cache la non publication de certains postes (susceptible d’être vacants).

Le président :

Toutefois, l’absolue nécessité d’équilibrer notre budget nous a conduit à trouver d’autres lignes d’économie, en particulier à geler, pour l’année 2015, la campagne de recrutement d’ATER ainsi qu’à retarder le renouvellement au fil de l’eau des postes qui se libèrent. Ces mesures n’ont pas été installées définitivement mais pour faire face à l’urgence.

Notre réponse :

Cette proposition du président, votée à 2 voix près par les membres du Conseil d’Administration au mois de décembre de l’Université, est dangereuse. Elle s‘attaque aux postes d’Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche (ATER), qui concernent des étudiants en fin de thèse. Pour information les demi-ATER qui permettent de finir sa thèse dans des conditions décentes, sont payés juste au dessus du SMIC. Ces personnels sont précaires, peu organisés par manque de temps, et il est difficile pour eux de se défendre et de faire des vagues.

De plus, les ATER représentent parfois jusqu’à 15% du nombre d’heures enseignées, et donc leur suppression impacte très violemment les formations, la qualité des enseignements et leur diversité.

Le président :

Il est donc indispensable que l’ensemble de l’université se mobilise pour permettre de passer ce cap difficile car, avec le plan campus, la construction de nombreux bâtiments, l’attribution importante de crédits CPER, notre université est, contrairement aux apparences, dans une phase intense de développement. Jusqu’à la fin de mon mandat, je serai toujours à la disposition des conseils et de leurs élus ainsi que des organisations syndicales pour donner toutes les informations souhaitées et discuter nos voies d’avenir. C’est par eux que doivent passer les demandes pour assurer à notre université le fonctionnement démocratique dont nous avons plus que jamais besoin.

Notre réponse :

L’Université Paris Sud, du fait de son classement et de sa taille, fait que son président a la responsabilité de mobiliser les autres présidents et les universités pour obtenir la prise en charge de l’intégralité de la masse salariale des personnels au niveau national, au lieu de faire porter cette charge sur les formations, et donc les étudiants et les personnels. Il y a fort à parier que ce déficit sera aussi payé demain par une augmentation des frais d’inscription pour les étudiants.

Si le Président était vraiment du coté des enseignants et des étudiants, ce bras de fer, aurait été engagé depuis longtemps. Le non vote du budget aurait, été un premier pas en envoyant un message fort à destination du ministère, qui n’aurait eu aucune peine à trouver ponctuellement 2,5 millions d’euros. En conséquence, nous appelons à poursuivre et à étendre la mobilisation.Photo0051

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