Message aux doctorants de la faculté Jean Monnet

Faculté Jean Monnet, le 20 janvier 2015,

En France, la structuration du milieu universitaire et de la recherche connaît actuellement des évolutions majeures, avec notamment la réorganisation de l’université Paris-Sud au sein de la COMUE Paris-Saclay.
 
Malgré la faible lisibilité de ces réformes, il en ressort une modification des conditions de financement de la recherche, qui comporte à la fois un risque de marginalisation des sciences sociales et des difficultés accrues pour les doctorants de ces disciplines, dans le cadre d’une discipline elle-même fragilisée par la tension entre les exigences croissantes de qualité et le tarissement de ses sources de financement.
 
Parmi les dernières mesures en date, la suppression des postes d’ATER, entérinée lors du dernier Conseil d’administration (CA) de l’université Paris-Sud (lundi 15 décembre 2014) modifie radicalement les conditions de financement et de réalisation de la thèse. Nous en subissons actuellement les conséquences à Paris-Sud.

Les postes d’ATER sont des contrats d’un an renouvelables une fois, qui ouvrent des droits sociaux (droit au chômage notamment). Les postes d’ATER permettaient jusqu’à présent aux doctorants de terminer leur thèse dans des conditions matérielles correctes. Leur suppression aura donc des conséquences qui ne vont pas tarder à se faire sentir. Effectives dès la rentrée prochaine, elles vont plonger certains doctorants dans l’incertitude quant à la poursuite de leur thèse.

Loin d’être anodine, la suppression des postes d’ATER ne nous semble pas souhaitable. Elle implique de profonds bouleversements autant dans le financement que dans le déroulement général des thèses en cours ou à venir. Les postes d’ATER permettent aux anciens allocataires et aux doctorants n’ayant pas bénéficié de financements dès le début de leur thèse de finir leur thèse dans des conditions acceptables.
 
Supprimer des postes d’ATER revient à priver beaucoup d’entre nous de ressources financières indispensables à la continuation et à l’achèvement de la thèse. Ce problème se pose de façon plus aiguë en sciences humaines et sociales du fait de la durée des thèses, qui se poursuivent au-delà des trois ans de financement garantis par l’allocation de recherche (définition et problématisation de l’objet, longues enquêtes de terrain par observations et entretiens). Au regard des exigences actuelles du Conseil national des universités (CNU), il nous semble difficile de réaliser des thèses de la qualité attendue en seulement trois ans.
Pour ces raisons convergentes, la suppression annoncée des postes d’ATER nous paraît un obstacle, non seulement au bon déroulement de la thèse, mais également à un enseignement et une recherche de qualité.


Fanny Binois,
Doctorante en droit
Rattachée au Centre d’Études et de Recherche en Droit de l’Immatériel (CERDI)
Elue au conseil de l’Ecole doctorale de la faculté Jean Monnet de l’Université Paris-Sud


Eric Martel,
Doctorant en gestion
Rattaché au laboratoire Réseaux Innovation Territoires Mondialisation (RITM)
Elu au conseil de l’Ecole doctorale de la faculté Jean Monnet de l’Université Paris-Sud
Elu à la Commission recherche de l’Université Paris-Sud


Miguel Gomes Ferreira,
Doctorant en droit
Rattaché à l’Institut Droit Ethique Patrimoine (IDEP)
Elu au conseil de l’Ecole doctorale de la faculté Jean Monnet de l’Université Paris-Sud
Elu à la Commission recherche de l’Université Paris-Sud



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