Contrat quadriennal : déclaration des élus FSU au Conseil d’Administration du 3 juin 2010

Le contrat quadriennal passé entre l’Etat et l’université, établissement public d’enseignement et de recherche, est un document essentiel qui définit les objectifs de l’université et devrait préciser les moyens que donne l’Etat à l’université pour assurer ses missions. Les élus FSU des conseils de l’université Paris-sud XI déplorent que l’élaboration de ce contrat se soit résumée à une rédaction par le ministère prenant en compte les remarques de la direction de l’université puis quelques amendements de dernière minute proposés par les instances de l’université lors de la réunion des trois conseils (CA, CS, CEVU) du 21 mai (le CTP n’ayant été ni convié ni consulté). C’est bien là l’illustration d’un pilotage accru du  ministère, alors qu’il prétend que les universités sont devenues autonomes. Contrairement aux contrats quadriennaux précédents, le document de 2010 (12 pages et une trentaine de pages d’indicateurs) ne met pas en valeur l’important travail de préparation effectué au sein des unités de recherche, des services d’enseignement et des conseils statutaires.

Les élus FSU de tous les conseils de l’université Paris-sud XI s’inquiètent d’une approche entièrement fondée sur des « indicateurs de performance » dans ce nouveau contrat quadriennal. Cette approche réductrice ne peut prendre en compte la richesse des missions d’enseignement et de recherche d’une université comme la nôtre. Elle conduira selon nous à des effets pervers, par exemple :

– l’expression des objectifs en pourcentage, comme par exemple sur le taux de réussite en licence, incite à « réaliser les objectifs du plan ».  Des alternatives  s’offrent : assouplir les critères, diminuer la population de référence, par exemple par une sélectivité accrue au niveau qui précède celui qui fait l’objet de l’indicateur de réussite, ou par la diminution du nombre de doctorants français si on ne parvient pas à augmenter le nombre de doctorants étrangers.

– la fiabilité de ces indicateurs est contestable puisque le ministère et l’université ont des évaluations qui divergent significativement et que, si certains ont un sens pour les grands nombres, celui-ci n’existe pas toujours pour les petits effectifs, et en particulier au niveau des  jurys de sélection ne traitant que d’un poste.

– les indicateurs portant sur le recrutement endogène des personnels enseignants-chercheurs visent à faciliter la mobilité, ce qui est souhaitable, mais il ne faudrait pas que lors des recrutements et promotions cet objectif  défavorise les formations doctorales spécifiques à notre université ou  les perspectives de carrières des maîtres de conférences qui souhaitent poursuivre leur activité de recherche dans des laboratoires de Paris-sud XI ou/et qui y encadrent des formations d’enseignement depuis de nombreuses années. .

– l’attractivité internationale doit être étendue aux chercheurs  et enseignants chercheurs français en poste a l’étranger

– des ratios par étudiant ne peuvent tenir compte de l’importance relative des activités de recherche et  ne peuvent que les défavoriser, en particulier concernant les emplois techniques.

D’une manière selon nous très significative, le seul indicateur quantitatif concernant la recherche porte sur les revenus des brevets alors que la LRU est censée selon ses instigateurs mettre les universités « au cœur du dispositif de recherche ». La terminologie (« innovation », « performance ») est très ciblée vers les applications et les enjeux sociétaux dans la rédaction du contrat, et la recherche fondamentale n’apparaît que dans un ajout de dernière minute proposé par les conseils. C’est d’autant plus préoccupant que la qualité de la recherche n’est examinée que tous les 4 ans par l’AERES (agence qui ne laisse aucune place à la représentation directe par des élus), alors que le contrat quadriennal et les indicateurs de performances vont constituer un outil de pilotage essentiel pendant toute la période quadriennale.

Dans ce contrat quadriennal, les valeurs de l’Université n’apparaissent plus : collégialité, vie démocratique, liberté académique, recherche fondamentale disparaissent dans un paysage éclaté entre les start-ups et la stratégie d’innovation ou la nouvelle gestion du plateau de Saclay, où la seule collégialité ayant cours  est confidentielle et limitée au niveau de direction des établissements. Et ce n’est pas la loi Grand Paris votée la semaine dernière, qui impose un EPIC pour régir le Plateau de Saclay dans lequel les personnels des établissements ne seront pas représentés qui va changer les choses dans le bon sens.

En conclusion, avec ce contrat quadriennal, le ministère de tutelle vise clairement à inscrire l’activité  de recherche et d’enseignement de l’université Paris-sud XI dans des logiques de performance quantitative et de pilotage par l’aval , contraires aux principes sur lesquels nous avons été élus,  et qui réduisent les missions de l’Université à une vision étriquée et utilitariste

Les documents :

Contrat quadriennal (projet)

Indicateurs I

Indicateurs II

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s